Interview de NeonRot, auteur de Chorogaiden, sur la création du jeu et sa démarche artistique.
Derrière Chorogaiden se cache une esthétique analog horror qu'on ne voit nulle part ailleurs : des photos prises au Japon, retravaillées à la caméra Game Boy, pour un rendu qui colle vraiment à la peau. On avait plein de questions. NeonRot a bien voulu y répondre.
Vous n'avez pas envie de tout lire ? Lancez un D12. Les Yeux vous indiqueront ce qu'ils veulent que vous sachiez.
1. Comment est née l’idée de Chorogaiden ?
Au départ, j'imaginais le jeu dans une petite ville britannique inspirée de trucs comme League of Gentlemen ou Scarfolk. Mais j'ai réalisé que beaucoup des thèmes de body horror et d'horreur cosmique colleraient mieux à quelque chose de plus centré sur le Japon.
2. Quel est ton lien personnel avec la culture japonaise ?
J'y suis allé plusieurs fois au fil des années et je vais très probablement m'y installer. J'ai un profond respect pour la culture japonaise et je me recueille souvent dans les temples là-bas, même si je suis athée.
3. Le jeu s’appuie-t-il sur des éléments réels du folklore japonais ?
Oui, une grande partie du jeu est inspirée de mythes que m'ont racontés des locaux dans les zones rurales du Japon. Les gens là-bas adorent parler, surtout dans les villages vraiment paumés.
4. Pourquoi avoir choisi une approche aussi minimaliste pour le système, et en quoi cela distingue Chorogaiden des autres jeux d’horreur ?
Je voulais quelque chose de super ouvert, que les joueurs et les meneurs puissent remplir avec leur propre roleplay. Un jeu de rôle, selon moi, c'est un partage 50/50 : moitié moi, le créateur du système, moitié les joueurs qui veulent raconter leur propre histoire.
5. Quel type de joueur va particulièrement apprécier le jeu ?
Plutôt expérimentés ou l'aise avec le jeu de rôle. L'impro, c'est obligatoire dans ce jeu, et si vous êtes vous-même meneur, vous allez exceller dans Chorogaiden.
6. Comment définirais-tu l’horreur dans le jeu de rôle ?
Quelque chose de facile à développer mais difficile à présenter.
7. Quels sont, selon toi, les éléments essentiels pour créer une bonne ambiance autour de la table ?
Une bande-son, des bougies pourquoi pas. Bordel, se déguiser un minimum pour rentrer dans la peau du perso, c'est pas plus mal non plus ! Et jouer avec la voix, c'est toujours fun.
8. Peux-tu nous parler de ton processus créatif pour les illustrations ?
Je fais du photobashing de trucs glauques et bizarres de photos prises au Japon. Ensuite je prends une photo de l'écran avec une caméra de Game Boy. Je transfère ensuite la sauvegarde vers l'ordi et l'ouvre dans un émulateur. Je fais une capture de l’aperçu et je l’importe dans Photoshop pour corriger les couleurs.
9. Quelles techniques utilises-tu concrètement (outils, textures, inspirations) ?
Comme j'ai dit, la caméra Game Boy. J’entretiens une énorme bibliothèque de textures. Partout où je vais, je photographie des textures pour les intégrer dans mon taf, les superposer peut donner des effets vraiment cool. Je bosse principalement avec Photoshop pour la mise en page, j'ai l'impression d'avoir un meilleur contrôle sur le texte et l'illustration en même temps, contrairement à InDesign. Cela dit, les nouvelles versions de Photoshop me donnent envie de m'arracher le visage, alors je paie une licence et je pirate Photoshop 2019, c'était la dernière bonne version.
10. Quelles sont tes intentions pour la couverture exclusive de la version française ?
Je vais créer une nouvelle illustration pour la couverture. Mon taf artistique, même avec la Game Boy, a vachement évolué depuis la création de Chorogaiden. Vous pouvez voir la différence avec Chorogaiden : Sunflower, l'extension*.
*ndlr : dans la version française, Chorogaiden et Sunflower seront réuni dans le même ouvrage
11. Comment construire facilement une histoire efficace avec Chorogaiden ?
Il y a un super outil inclus dans le jeu où le meneur joue l'entité cosmique, Les Yeux, et explore une ville. Une fois cette partie de 15 minutes terminée, vous avez une carte de ville remplie de petits scénarios bien flippants.
12. Sur quels projets travailles-tu actuellement, et as-tu envie de revenir dans cet univers ?
Je bosse en ce moment sur un jeu de magical girl parodique qui s'appelle Oppai Sluggerz, et aussi sur un jeu de cartes complètement barré sur des kaijus de chair appelé Gristle Giants. Bientôt je vais faire une grande édition collector de Chorogaiden, et j'ai aussi toujours voulu en faire un jeu de construction de deck.
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